Colère
Je n'ai jamais associé la colère au feu. Ce que je ressens quand je suis en colère est très loin de s'apparenter à même une simple étincelle.
Je l’attends la colère.
Je l’attends, je l’espère.
Celle qui me remplira de force et me permettra de rêver.
Celle qui m’empouvoira et qui me permettra d’avancer.
Je la vois, je la lis, j’écoute ces récits et parfois je sens qu’elle m’effleure.
Mais ma colère à moi sonne faux.
J’ouvre la bouche pour hurler mais elle reste coincée.
Là, sous ma poitrine, elle forme un tourbillon, elle écrase tout sur son passage, embarque mon cœur dans ses remous, asphyxie mes poumons sous ses vagues.
Ma colère n’est pas un feu qui irradie de lumière mais une énorme vague qui, après s’être écrasée contre mes parois, se transforme en pauvre flaque de désespoir et de désarroi.
Je ne sais pas si l’eau peu se transformer en feu.
Mais je crois apercevoir quelques braises tout au fond de moi.
Alors je l’attends la colère.
Je l’attends et je l’espère.
La première version de ce texte est née lors d'un atelier d'écriture créative donné à la Néo-Martine (Lausanne) par Alice Bottarelli.

